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Pourquoi les pharmaciens canadiens ne participent-ils pas à la vaccination contre la COVID-19?


mars 2021 Partagez avec   facebook   twitter

Leslie McGill, Présidente et chef de la direction, Fondation MedicAlert Canada


Bravo à l’Alberta pour leur décision. En revanche, je trouve déconcertant que les autres provinces attendent avant de donner le feu vert aux pharmaciens pour administrer les vaccins contre la COVID-19.
 
Mais ce n’est peut-être pas si surprenant, compte tenu des mesures prises contre la COVID-19 et du déploiement du vaccin.
 
Pour avoir participé directement à l’élargissement du champ d’activité ayant permis aux pharmaciens de l’Ontario d’administrer le vaccin contre la grippe, je trouve inconcevable que les provinces n’amendent pas la législation pour inclure les pharmaciens dans leurs stratégies de vaccination contre la COVID.
 
En 2012, la vaccination contre la grippe dans les pharmacies de l’Ontario s’est faite en six mois. La planification d’un processus similaire pour le vaccin contre la COVID-19 aurait pu facilement commencer l’année dernière — et cela aurait coûté beaucoup moins cher aux systèmes de santé provinciaux que ce qui se passe actuellement.
 
Pensons-y un peu.
 
La logique voudrait qu’il faille fournir le vaccin en milieu communautaire, dans des lieux familiers — et souvent fréquentés. Or, la plupart des Canadiens vivent à moins de 10 km d’une pharmacie. Les pharmacies ont des chaînes d’approvisionnement bien établies, des entrepôts réfrigérés et un large personnel expérimenté derrière le comptoir, formé pour donner des injections. Elles disposent aussi de systèmes de réservation en ligne pour la vaccination. Les pharmacies font partie intégrante de nos communautés et, comme beaucoup sont ouvertes de 18 à 24 heures par jour, elles sont beaucoup plus accessibles que les cliniques centrales de vaccination dans le contexte de nos obligations professionnelles et familiales et pour les personnes à mobilité réduite et ayant des problèmes de santé qui rendent impossible l’attente dans de longues files.
 
De plus, les pharmaciens connaissent très bien leurs patients — en particulier les plus âgés. Ils ont les antécédents médicaux en dossiers. Ils connaissent l’état de santé de leurs patients et sont formés pour répondre aux questions sur le vaccin en rapport avec des problèmes de santé précis. Les pharmaciens sont les spécialistes des médicaments au pays — ils conseillent les médecins sur les traitements et figurent aussi parmi les professionnels de la santé les plus fiables au Canada. Qui n’a pas attendu au comptoir d’une pharmacie pour demander conseil?
 
Bien sûr, il se pourrait que le gouvernement soit plus préoccupé par la perception du public concernant l’approvisionnement en vaccins — ou l’absence d’un tel approvisionnement. Ou pire encore qu’il anticipe les prochaines élections et compte sur son programme de vaccination pour montrer comment il a contribué à protéger les Canadiens en temps de crise.
 
Les Canadiens savent déjà qu’il y a des problèmes d’approvisionnement — il n’y a rien de secret là-dedans; mais la construction d’infrastructures inutiles aux frais des contribuables me rend très perplexe. Envoyer nos populations vulnérables se faire vacciner dans une vaste clinique pourra créer une expérience chaotique potentiellement dissuasive, en particulier pour les personnes âgées, celles qui ont peu de connaissances en matière de santé, ou celles provenant de pays où la confiance dans le gouvernement est au mieux limitée. N’est-ce pas notre but commun que de faire vacciner le plus grand nombre de personnes possible afin de parvenir à une immunité de groupe?
 
L’accès aux soins ne devrait jamais être un enjeu politique. Nous disposons déjà des infrastructures nécessaires dans tout le pays — dont une grande partie a été mise sur pied par le secteur privé — pour rendre ces vaccins accessibles à tous au moment où ils seront disponibles. Nous devrions les utiliser.
 
 
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